Nouvel Espoir Pour Vieux Genoux
Sélection Reader's Digest France & Belgique|Octobre 2019
Nouvel Espoir Pour Vieux Genoux
Une prothèse du genou peut transformer votre vie, mais elle ne convient pas à tout le monde.
Richard Laliberte

Le bruit de la perceuse est as-sourdissant, des débris d’os s’échappent du trou que creuse la mèche. Le ciment au bout du pistolet est prêt à joindre deux surfaces. Le marteau frappe à plusieurs reprises le métal. Derrière ces ouvriers, une équipe affairée discute de mesures et de pièces.

S’il s’agit bien là d’un chantier de rénovation, c’est une remise à neuf toute particulière : celle d’un genou. Dans un hôpital de Philadelphie, sous la houlette du Dr Matthew Austin, chirurgien orthopédiste, une équipe médicale est occupée à le remplacer par une prothèse. C’est la cinquième intervention de la journée. Une heure plus tard, le Dr Austin passe au patient suivant pendant que le reste de l’équipe peaufine les derniers détails.

Trois heures après l’opération, l’entrepreneur de construction Ralph Gabriel, âgé alors de 69 ans, est réveillé et plaisante avec sa famille. Il ne voulait pas de cette opération. Mais des années de pose de carrelage ont eu raison des cartilages qui protégeaient son genou droit et le frottement des os provoquait une douleur insupportable à chaque mouvement. Il était victime de gonarthrose, une usure prématurée de cartilage du genou.

RÉDUIRE LA DOULEUR

Chaque pas, saut ou croisement de jambes sollicite l’articulation. Le mode de vie actif des plus de 50 ans combiné au surpoids et à l’augmentation de l’espérance de vie expliquent qu’un nombre croissant de sujets ait mal aux genoux. Les solutions à court terme existent

amaigrissement, kinésithérapie, attelle de soutien, injections, compléments alimentaires. Cependant, pour un genou douloureux en permanence ou atteint de gonarthrose, l’arthroplastie peut être la meilleure solution, sans quoi l’articulation risque de s’enraidir.

La prothèse de genou est comme une charnière multidirectionnelle qui relie le bas du fémur (l’os de la cuisse) au tibia. Pour la mettre en place, on retire l’os et le cartilage en mauvais état et on rattache la prothèse aux deux os. Le patient est opéré sous anesthésie locorégionale ou générale.

Il existe environ 150 prothèses de genou de taille et de modèle différents. La plupart sont fabriquées en titane poli ou à base d’alliage chrome-cobalt. La partie métallique fixée d’un côté au tibia et de l’autre au fémur avec du ciment est protégée dans la zone de la jointure par des plastiques de haute qualité capables de résister plusieurs dizaines d’années. Mais pour le patient, affirment les spécialistes, ce n’est en général pas le type de prothèse qui compte.

L’essentiel réside plutôt dans la confiance en un chirurgien qui connaît l’appareil et maîtrise l’intervention. On choisit le chirurgien, pas la prothèse.

SI OPÉRER NE RÉSOUT RIEN

Il est généralement admis que le remplacement d’un genou est sûr et, dans la plupart des cas, justifié. Néanmoins, cette solution ne convient pas à tout le monde et il faut bien choisir le moment pour opérer. Selon une étude portant sur des sujets ayant bénéficié d’une chirurgie de remplacement, environ un tiers des interventions étaient « inappropriées » suivant un système de classification standard espagnol.

En 2015, une étude de suivi a ainsi révélé que les patients souffrant de problèmes de genou légers avaient peu à gagner d’une chirurgie de remplacement contrairement à ceux qui éprouvaient des douleurs importantes. Et même lorsque l’opération est réussie et parfaitement justifiée, il peut arriver que les patients soient déçus du résultat.

Dans la Confédération helvétique, selon la Ligue suisse contre le rhumatisme, plus de 16 000 prothèses de genou sont implantées chaque année, et une personne sur cinq se dit insatisfaite de son opération. Le Pr Markus Arnold, chirurgien orthopédique dans la banlieue de Bâle, insiste sur l’importance de prendre le temps avant de se décider. Selon lui, les résultats seront d’autant meilleurs que l’articulation et le patient seront plus « mûrs » pour l’intervention.

ACCEPTER OU REFUSER ?

Avant de programmer un remplacement de genou, rappelez-vous ces six points.

1. Il n’y a pas de critère universel.

Curieusement, aucun critère définitif ne permet de déterminer la nécessité d’une intervention. Les médecins prennent en compte principalement trois variables : la douleur, une limitation des activités quotidiennes et la présence de lésions osseuses. Seule cette dernière peut être mesurée objectivement. D’autres critères sont intéressants comme la stabilité de l’articulation, la performance à la marche.

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Octobre 2019